Copyright 2007-2015
Built with Indexhibit

Faire la musique, 2017

Vidéoprojection 4K sur écran en bois, haut-parleurs
15'

Le décor : un grand vide de 9 m de hauteur et de 160 m2, l’intérieur du pilier du pont de contour- nement de Saint-Gervais (village de montagne) choisi pour l’occasion comme studio de tour- nage. Le souffle du torrent, les oiseaux qui nichent sous le pont, les quelques véhicules qui passent, la résonance du vide donnent l’identité sonore du lieu.
Au centre de l’espace, un à un, des corps s’activent : ils ferment les yeux, se concentrent, exécutent une gestuelle singulière puis se réveillent. Ce sont des athlètes de différentes disciplines sportives qui procèdent à la répétition mentale de leurs parcours.
Selon le principe des neurones miroirs, on émet l’hypothèse qu’imaginer une action active plus où moins les mêmes zones cérébrales que de réaliser physiquement cette action. C’est ce qui incite les sportifs à jouer avec la plasticité de leur cerveau par l’entrainement mental de gestes extra-ordinaires pour tendre vers des automatismes aussi ordinaires que de mettre un pied devant l’autre ou réagir à un danger. escalade, ski, rallye automobile, bobsleigh, saut à la perche, voltige aérienne...chaque athlète a été précisément choisi pour sa pratique spécifique de l’entrainement mental et la complexité du décor dans lequel il évolue. Qu’il s’agisse de passer une chute d’eau de 12 mètres en kayak, de procéder à des sauts périlleux à ski sur les rebords d’un mur de neige de 7 mètres (half-pipe) ou de planer dans une combinaison ergonomique du sommet d’une montagne jusqu’au bas d’un vallée (wingsuit), il y a un écart burlesque entre ce qui se joue dans la tête de ces corps en eux même et leurs gestiques singulières dans ce grand vide de béton. Leur qualité de concentration quasi hypnotique, leur expressivité inconsciente, les bruits de leur respiration, leurs gestes réduits au stade de l’ébauche révèlent une chorégra- phie de la pensée. Le titre est emprunté aux pilotes de la Patrouille de France qui nomment cet exercice « faire la musique », évoquant l’idée de ritournelle et de partition.