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FAIRE LA MUSIQUE

2017

Vidéoprojection - haut-parleurs - vidéo 4K - son stéréo - 15’27

Collection Institut d’art contemporain - Villeurbanne/Rhône-Alpes

Vue de l’exposition « Partition », Centre d’art de Thonon-les-Bains, 2017, photo : Annick Wetter

Extraits - stills
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Le décor : un grand vide de 9 m de hauteur et de 160 m2, l’intérieur de la pile du pont de contournement de Saint-Gervais (village de montagne) choisi pour l’occasion comme studio de tournage. Le souffle du torrent, les oiseaux qui nichent sous le pont, les quelques véhicules qui passent, la résonance du vide donnent l’identité sonore du lieu. Au centre de l’espace, un à un, des corps s’activent : ils ferment les yeux, se concentrent, exécutent une gestuelle singulière puis se réveillent. Ce sont des athlètes de différentes disciplines sportives qui procèdent à la répétition mentale de leurs parcours.
Selon le principe des neurones miroirs, on émet l’hypothèse qu’imaginer une action active plus ou moins les mêmes zones cérébrales que de réaliser physiquement cette action. C’est ce qui incite les sportifs à jouer avec la plasticité de leur cerveau par l’entraînement mental de gestes extra-ordinaires pour tendre vers des automatismes aussi ordinaires que de mettre un pied devant l’autre ou réagir à un danger. Escalade, ski, rallye automobile, bobsleigh, saut à la perche, voltige aérienne…chaque athlète a été précisément choisi pour sa pratique spécifique de l’entraînement mental et la complexité du décor dans lequel il évolue. Qu’il s’agisse de passer une chute d’eau de 12 mètres en kayak, de procéder à des sauts périlleux à ski sur les rebords d’un mur de neige de 7 mètres (half-pipe) ou de planer dans une combinaison ergonomique du sommet d’une montagne jusqu’au bas d’une vallée (wingsuit), il y a un écart burlesque entre ce qui se joue dans la tête de ces corps en eux-mêmes et leurs gestiques singulières dans ce grand vide de béton. Leur qualité de concentration quasi hypnotique, leur expressivité inconsciente, les bruits de leur respiration, leurs gestes réduits au stade de l’ébauche révèlent une chorégraphie de la pensée. Le titre est emprunté aux pilotes de la Patrouille de France qui nomment cet exercice « faire la musique », évoquant l’idée de ritournelle et de partition.
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Avec Camille Cabrol, Mathieu Collet, Loïc Costerg, Vincent Descols, Romain Desgranges, Jérôme Grosset-Janin, Mathéo Jacquemoud, Anouck Jaubert, Oliver Marich, Marie Martinod, Lou Pallandre, Stéphane Pion, Thomas Roch-Dupland.
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Aide à la production : ville de Thonon-les-Bains et ville de Saint-Gervais-les-Bains.
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ENG
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The setting: a large 9 meter high and 160 meter square empty space, the inside of the pile of the bypass bridge in Saint-Gervais (a mountain village) chosen to serve as a film studio on that occasion. The murmuring of the torrent, the birds nesting under the bridge, the few vehicles driving by, the resonance of the void endow the site with its sound identity.
One by one, bodies move in the center of the space: they close their eyes, concentrate, make a singular move and then wake up. They are athletes of different disciplines who mentally rehearse their performance.
Following the mirror neurons functioning, it is assumed that imagining an action activates more or less the same cerebral zones than when the action is undertaken physically. This is what encourages athletes to play with the plasticity of their brain by mentally practicing extra-ordinary movements, aiming for automatisms as ordinary as putting one foot in front of the other or reacting to danger. Climbing, skiing, motorracing, bobsleighing, pole vaulting, aerobatics… Each athlete was chosen for its specific mental training practice and the complexity of the setting in which he performs. Whether it is kayaking down a 12 meter high waterfall, doing perilous jumps on skis on the edges of a 7 meter high snow wall (half-pipe) or gliding in an ergonomic suit from the top of a mountain to the bottom of a valley (wingsuit), there is a burlesque-like gap between what is going on in the head of these bodies and their singular movements in this large concrete void. The athletes’ almost hypnotic concentrations, their unconscious expressiveness, the sounds of their breathing, their movements reduced to the draft stage reveal a choreography of mind. The performance is named after the mental exercise repeated before their choreographies by French Air Patrol pilots, who call it “making the music”, thereby evoking the idea of a ritornello or a score.