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Dallas, le 22 novembre 1963, 2010

13 lectures synchronisées diffusées sur 8 haut-parleurs
/ 13 recorded readings synchronised broadcasting through 8 speakers
26 secondes

ordinateur portable, carte son, câbles, haut-parleurs
/ laptop computer, sound card, leads, speakers
dimensions variables / variable dimensions


vue de l’exposition Après coup, Galeries Nomades IAC Villeurbanne, L’attrape couleur, Lyon, 2010
photo : Thomas Morel

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extraits / excerpt

Jacqueline Kennedy.mp3
Agent Clint Hill.mp3
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FR

Pour Dallas, Camille Llobet a déconstruit les 26 secondes du célèbre film d’Abraham Zapruder enregistrant l’assassinat de John F. Kennedy. Le film est fragmenté en 13 zones pour autant de personnages aperçus dans le champ de Zapruder, qu’ils soient présents dans la limousine ou sur le bord de la route. En s’appuyant sur la masse considérable de documents relatifs à l’événement, chacun des mouvements qu’ils effectuent juste après les coups de feu est décrit succinctement. Ces descriptions sont ensuite retransmises par huit haut-parleurs reliés à un ordinateur. Comme pour Graffiti, il revient au spectateur de bouger le curseur sur l’écran pour entendre ces micro-récits, spatialisés et synchrones. Empêchant toute vision globale, on navigue à l’aveugle dans une image qu’il nous faut reconstituer mentalement, fragment par fragment, à mesure que nous parvient l’information. La pièce propose ainsi un nombre infini de combinaisons, de récits potentiels pour cet événement mille fois disséqué, réduit et recomposé par les spécialistes et les amateurs. Dans son déploiement dans l’espace, la pièce semble rejouer une scène de crime, avec ses réseaux d’indices et ses rapprochements, faisant écho à ces enquêtes obsessionnelles qui confinent à la paranoïa.

Paul Bernard, Camille Llobet, Monographie, éditions Adera, 2013
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EN

For Dallas, Camille Llobet has deconstructed the twenty-six seconds of Abraham Zapruder’s famous film of the Kennedy assassination. The film is broken up into thirteen zones, one for each of the people in Zapruder’s field of vision, some in the limousine, the others on the roadside. The mass of documentary material relating to the event is drawn on for a succinct description of the movements of these people just after the shots were fired. These descriptions are then broadcast over eight speakers linked to a computer. By moving the cursor, the viewer can tune in, as in Graffiti, to these spatialised, synchronous micro-narratives. With no overall vision of the event, we navigate blindly within an image that has to be mentally reconstructed, bit by bit, as the information reaches us. The work offers an infinite number of combinations, all potential narratives for an event endlessly dissected, broken down and recomposed by specialists and amateurs alike. Through its spatial arrangement Dallas seems to replay a crime scene and its meshes of clues and links, echoing those obsessive investigations that border on the paranoid.

notice : Paul Bernard, Camille Llobet, Monograph, éditions Adera, 2013